IA dans le BTP : 12 exemples français réels (2026)
TL;DR : Douze acteurs français du BTP utilisent déjà l'IA en production, avec des résultats publics : VINCI Construction pré-analyse un appel d'offres en 30 secondes, Eiffage analyse un dossier de consultation en 20 minutes contre 2 jours, NGE a ramené le ralenti de ses engins de 34 % à 27 %, Bouygues Telecom contrôle 250 000 interventions fibre par mois. Quatre familles : appels d'offres, chantier (suivi, sécurité), engins et réseaux, exploitation des ouvrages. Chaque cas est nommé et sourcé.
Le BTP serait le retardataire français du numérique, et le baromètre France Num 2025 semble l'attester : 15 % des entreprises du secteur utilisent l'IA, contre 25,6 % tous secteurs. Pendant ce temps, VINCI Construction pré-analyse un appel d'offres en 30 secondes et Demathieu Bard revendique le premier déploiement européen d'une IA de sécurité sur 100 % de ses chantiers. Le problème n'est pas l'absence de cas réels, c'est leur recensement.
Cet article prend le contre-pied des promesses de « chantier intelligent » : 12 cas réels, du major du CAC 40 à l'ETI indépendante et aux startups du terrain, chacun relié à sa source publique.
À retenir
- L'IA du BTP français produit des résultats publics : appel d'offres pré-analysé en 30 secondes environ chez VINCI Construction, dossier de consultation analysé en 20 minutes contre 2 jours chez Eiffage.
- Sur le terrain, l'IA mesure et prévient : ralenti des engins NGE de 34 % (2019) à 27 % (2024), prévention généralisée à 100 % des chantiers chez Demathieu Bard.
- Le contrôle qualité par photo change d'échelle : 250 000 interventions fibre analysées par mois, 98 % des défauts détectés chez Bouygues Telecom avec Deepomatic.
- Des outils français équipent majors et PME : Kraaft (Bouygues, VINCI, NGE, Ramery...), Hiboo, CAD.42, Advizeo ; les PME du bâtiment y accèdent dès cinq salariés.
- Selon le baromètre France Num 2025, 15 % des entreprises du BTP utilisent l'IA contre 25,6 % tous secteurs : une prime au premier entrant de chaque métier.
- Ligne éditoriale Koïno : 70 % des projets IA n'arrivent jamais en production. Ces 12 cas montrent le schéma inverse : irritant chiffré, données déjà là, pilote court puis généralisation.
Quelles entreprises du BTP et de la construction utilisent déjà l'IA en France en 2026 ?
VINCI Construction, Eiffage, Bouygues Bâtiment Industrie, Equans, Demathieu Bard, Spie Batignolles, NGE, Colas, Socotec et Bouygues Telecom utilisent l'IA en production, aux côtés de la Métropole du Grand Paris et de startups françaises comme Kraaft, Hiboo, CAD.42 ou Advizeo. Leurs cas d'usage : appels d'offres, suivi photo de chantier, sécurité prédictive, données d'engins, inspection d'ouvrages, pilotage énergétique.
Les 12 exemples réels d'IA dans le BTP et la construction en France, leurs résultats annoncés et leurs sources
| Entreprise | Famille de cas d'usage | Cas d'usage précis | Résultat annoncé | Source |
|---|---|---|---|---|
| VINCI Construction | Études et appels d'offres | Select : pré-analyse des appels d'offres ; Caméléon : inspection d'ouvrages | Pré-analyse de plusieurs heures à environ 30 secondes | VINCI Construction |
| Eiffage | Études et appels d'offres | Plateforme d'IA générative privée (Vertex AI), 15 cas d'usage | Dossier de consultation analysé en 20 minutes contre 2 jours | Silicon |
| Equans (groupe Bouygues) | Contrats | LegalAize : analyse juridique des contrats (Claude via Amazon Bedrock) | Déploiement annoncé, pas de chiffre publié | La Revue du Digital |
| Bouygues Bâtiment Industrie | Suivi de chantier | Buildots : caméras 360°, vision et BIM 4D sur un entrepôt de 44 000 m² | Chantier de 13 mois piloté à la donnée, livraison novembre 2026 | CIO Online |
| Demathieu Bard | Sécurité chantier | Prevention AI (Novade) : prédiction des risques sécurité et qualité | Généralisé à tous les chantiers, environ 390 collaborateurs formés | Demathieu Bard |
| Spie Batignolles | Sécurité chantier | Grues connectées CAD.42 : IA de détection des situations à risque | Une quarantaine de grues en 3 ans, généralisation depuis janvier 2026 | JDL Groupe |
| Kraaft (clients Bouygues, VINCI, NGE...) | Suivi de chantier | Messagerie de chantier, classification IA des photos et comptes rendus | Plus de 1 000 clients, 13 M€ levés en janvier 2025 | Maddyness |
| NGE | Engins et maintenance | Plateforme Hiboo : 3 000 engins connectés, 46 sources de données | Ralenti de 34 % (2019) à 27 % (2024), 2 049 t de CO2e évitées | ConstructionBTP |
| Bouygues Telecom et Sogetrel (avec Deepomatic) | Travaux de réseaux | Contrôle automatique des photos de raccordements fibre | 250 000 interventions analysées par mois, 98 % des défauts détectés | IQGeo |
| Colas | Routes et patrimoine | InfraCare : gestion du patrimoine routier par IA ; ANAIS : données de conduite | Service déployé via les agences, pas de chiffre publié | Colas |
| Socotec | Ouvrages d'art | Projet SOFIA (CEA-List) : détection de défauts sur photos d'inspection | IA entraînée sur 100 000 photos de 2 500 rapports | ActuIA |
| Métropole du Grand Paris (avec Advizeo et Tilt Energy) | Bâtiments en exploitation | IA éco-pilot : pilotage énergétique prédictif des bâtiments publics | 7 000+ bâtiments sur 54 collectivités, 55 communes équipées | Batirama |
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Comment ces 12 exemples ont été sélectionnés. Sélection réalisée en septembre 2026 sur trois critères : acteur nommé, cas d'usage de production précis, source publique consultable (communication officielle, presse spécialisée, organisme public). Les cas sont groupés par famille, sans classement. Les chiffres proviennent exclusivement des sources citées ; sans chiffre publié, le déploiement est décrit sans estimation.
Qu'est-ce que l'IA dans le BTP ?
L'IA dans le BTP est l'application de modèles d'apprentissage automatique (vision par ordinateur, machine learning, IA générative) au cycle de vie d'un ouvrage : chiffrer, planifier, construire, contrôler, exploiter. Sa matière première existe déjà : dossiers de consultation, photos de chantier, télématique des engins, rapports d'inspection.
Comment VINCI Construction, Eiffage et Equans compressent-ils appels d'offres et contrats avec l'IA ?
L'avant-chantier concentre les gains les plus rapides : les documents existent déjà, aucun capteur à poser. VINCI Construction ramène la pré-analyse d'un appel d'offres à environ 30 secondes, Eiffage analyse un dossier de consultation en 20 minutes contre 2 jours, Equans automatise la revue juridique de ses contrats. Un même poste attaqué : les heures d'étude non facturables.
VINCI Construction : l'appel d'offres pré-analysé en 30 secondes avec Select
En 2023, la pré-analyse d'un seul appel d'offres pouvait mobiliser plusieurs heures d'ingénierie chez VINCI Construction. Select, solution développée en interne pour garder confidentielles les données d'offres, a ramené cette étape à environ 30 secondes, indique la page IA officielle du groupe. Le même programme irrigue d'autres métiers : Caméléon, développé en 2021 chez Sixense, trie automatiquement les images d'inspection d'ouvrages, et des trains autonomes circulent en tunnel sous la supervision d'un opérateur unique. La doctrine du président est posée :
« L'IA ne créera pas l'innovation pour nous. » Patrick Sulliot, président de VINCI Construction, sur la page IA officielle du groupe (traduit de l'anglais) : l'innovation part des besoins opérationnels, l'IA les accélère.
Eiffage : l'analyse d'un dossier de consultation passe de 2 jours à 20 minutes
Eiffage a construit une plateforme d'IA générative privée sur Google Cloud (Vertex AI), multi-modèles (Gemini, Claude, Mistral), complétée d'un outil interne, Workflow Builder, pour industrialiser les prompts métiers sans coder. Le groupe s'est limité à 15 cas d'usage la première année, détaille Silicon (avril 2025). Résultat le plus parlant : l'analyse d'un dossier de consultation est passée de 2 jours à 20 minutes. Plus de 2 500 collaborateurs se sont inscrits à la formation obligatoire, 1 600 utilisent la plateforme depuis février 2025, et l'analyse d'images repère des écarts de sécurité sur les photos de chantier. Son DSI Jean-Philippe Faure mesure la rentabilité d'abord au taux d'adoption par les métiers.
Equans : une IA générative qui relit les contrats du groupe Bouygues
Equans, la branche énergies et services du groupe Bouygues, a lancé avec AWS l'application LegalAize : une IA générative appuyée sur le modèle Claude d'Anthropic, via Amazon Bedrock, pour accélérer l'analyse juridique des contrats et l'identification des risques par les équipes projet, rapporte La Revue du Digital (février 2025). Aucun gain chiffré n'est publié, mais le signal est net : dans le BTP, où le risque se joue à une clause, la relecture contractuelle assistée passe à l'échelle.
Ces trois cas visent le même gisement que la commande publique. Notre guide de la réponse aux appels d'offres publics avec l'IA transpose la mécanique avec des outils accessibles à une PME.
Que change l'IA sur le chantier chez Bouygues, Demathieu Bard et Spie Batignolles ?
Sur le chantier, l'IA regarde : caméras de casque, capteurs de grue, photos de terrain. L'enjeu est double, tenir le planning et prévenir l'accident, dans un secteur qui a compté 77 000 accidents du travail en 2023 selon les chiffres cités par Le Journal des Entreprises dans le panorama IA de la FNTP.
Bouygues Bâtiment Industrie : un entrepôt de 44 000 m² suivi par vision et BIM 4D
Pour livrer en 13 mois un entrepôt de 44 000 m² sur 12 hectares à Persan (Val-d'Oise), commandé par le développeur P3, Bouygues Bâtiment Industrie déploie la solution de la startup israélienne Buildots, décrit CIO Online (mars 2026). Des caméras 360° fixées sur les casques des chefs de chantier capturent l'avancement réel ; la vision par ordinateur le réconcilie avec la maquette BIM et le planning 4D pour repérer les dérives calendaires avant qu'elles ne coûtent, avec livraison visée en novembre 2026.
Demathieu Bard : une IA de prévention généralisée à 100 % des chantiers
Demathieu Bard, groupe de construction indépendant, a développé avec l'éditeur Novade la solution Prevention AI : elle analyse en temps réel les données QHSE du terrain pour identifier en amont les situations à risque. Déployée sur l'ensemble des chantiers depuis juin 2025 (environ 390 collaborateurs formés), elle fait de Demathieu Bard, selon son communiqué, « le premier acteur du BTP en Europe à déployer cette solution d'IA à grande échelle ».
« Nous passons d'une logique de réaction à une approche prédictive et pro-active. » Jonathan Chemouil, directeur innovation technique de Demathieu Bard, cité par ACPresse (octobre 2025).
Spie Batignolles : des grues connectées qui détectent les situations à risque
Depuis 2022, Spie Batignolles co-développe avec la startup française CAD.42 une grue connectée : caméra, anticollision, suivi 3D et une IA qui identifie les situations à risque autour de l'engin, puis alimente rapports quotidiens et prévention collective. Après trois ans d'expérimentation sur une quarantaine de grues, l'accord a été renouvelé en janvier 2026 pour deux ans afin de passer « d'une logique de test à une intégration plus large sur les chantiers », rapporte JDL Groupe. La grue, poste central du chantier, devient un capteur.
Kraaft : la messagerie de chantier qui structure les photos par IA
Kraaft, startup française fondée en 2020, remplace les groupes WhatsApp de chantier par une messagerie qui structure photos, notes vocales et signalements en comptes rendus, avec classification des données par IA. Elle a levé 13 millions d'euros en janvier 2025 et revendique plus de 1 000 clients et un million de messages par mois, indique Maddyness. Son communiqué cite des partenariats « avec plusieurs acteurs majeurs du BTP en France, notamment Bouygues, VINCI, NGE, Spie CityNetworks, Ramery, Serfim, Sade, Saur et Gagneraud », relaie J'aime les startups, tout en équipant des PME dès cinq salariés.
Comment NGE et les entreprises de réseaux font-elles parler leurs engins et leurs photos ?
Un parc d'engins produit des millions de points de données par jour ; un raccordement fibre laisse une douzaine de photos. La matière existe déjà : l'IA la transforme en heures de ralenti évitées et en malfaçons détectées avant la réclamation.
NGE : 3 000 engins connectés, un taux de ralenti ramené de 34 % à 27 %
Le groupe de travaux publics NGE branche depuis 2019 les données de ses engins sur la plateforme de la startup française Hiboo : 3 000 machines connectées et 46 sources de données (télématique, GMAO) en format homogène. Le taux de ralenti des machines est passé de 34 % en 2019 à 27 % en 2024, selon l'étude de cas Hiboo et ConstructionBTP (septembre 2025). Entre 2022 et 2024, le gain revendiqué atteint 129 000 heures de ralenti, 646 000 litres de carburant et 2 049 tonnes de CO2e évitées. Le partenariat a été renouvelé pour cinq ans, de nouveaux services d'IA en préparation. « Pour optimiser, il faut mesurer et valider les hypothèses », résume Thierry Robert, directeur matériel de NGE.
Bouygues Telecom et Sogetrel : 250 000 interventions réseaux contrôlées par IA chaque mois
Les travaux de réseaux partagent la mécanique du chantier : des interventions par milliers, des photos comme preuve d'exécution. Bouygues Telecom fait vérifier les photos de ses raccordements fibre par l'IA de vision de Deepomatic, société française passée en 2025 chez le britannique IQGeo : 250 000 ordres de travail analysés par mois, 98 % des défauts détectés, là où le contrôle manuel couvrait 5 à 10 % des interventions, selon l'étude de cas de l'éditeur. L'intégrateur de réseaux français Sogetrel et le suisse Swisscom (1 200 techniciens équipés) utilisent la même approche, qui permet de « contrôler 100 % des interventions », décrivait déjà MtoM Mag en 2020. Pour le génie électrique, la VRD ou la fibre, le schéma se transpose tel quel.
Pourquoi Colas, Socotec et la Métropole du Grand Paris confient-ils routes, ponts et bâtiments à l'IA ?
Après la livraison, l'ouvrage vit des décennies, et c'est là que se concentrent les budgets récurrents. Trois acteurs appliquent l'IA à cette longue traîne : Colas pour la route, Socotec pour les ponts, la Métropole du Grand Paris pour ses bâtiments publics.
Colas : InfraCare et ANAIS, la route gérée comme un actif à données
Colas, filiale routes du groupe Bouygues, propose via ses agences le service InfraCare : « en s'appuyant sur l'intelligence artificielle, Infracare centralise les données des infrastructures dans une interface cartographique intuitive », au service de la planification des travaux et du suivi de l'état des réseaux, indique le site officiel du groupe. Autre brique du portefeuille, ANAIS analyse les données de véhicules connectés pour détecter préventivement les zones à risque routier. Aucun chiffre de gain n'est publié : le cas illustre une major qui vend aux gestionnaires de voirie un service d'IA adossé à ses travaux.
Socotec : une IA entraînée sur 100 000 photos d'inspection d'ouvrages d'art
Le groupe de contrôle technique Socotec pilote le projet SOFIA avec le CEA-List, aux côtés de la Sanef et du département du Jura, lauréat de l'appel à projets « Ponts connectés » du Cerema (France Relance). L'objectif : un « inspecteur augmenté », dont les algorithmes détectent et caractérisent les défauts photographiés en visite (fissures, corrosion), entraînés sur quelque 100 000 photos issues de 2 500 rapports couvrant 250 types de défauts, détaille ActuIA, pour objectiver et accélérer des visites aujourd'hui entièrement manuelles.
Métropole du Grand Paris : 7 000 bâtiments publics candidats au pilotage énergétique par IA
Côté maîtrise d'ouvrage publique, la Métropole du Grand Paris a lancé en novembre 2024 le programme IA éco-pilot avec Advizeo, spécialiste de l'energy management né chez l'ingénieriste setec et intégré au groupe Hager, et Tilt Energy, opérateur d'effacement agréé par RTE, rapporte Batirama. Sur trois ans, financé par France 2030 via la Banque des Territoires, il automatise le suivi des consommations et la régulation prédictive du chauffage sur un gisement de plus de 7 000 bâtiments dans 54 collectivités ; après un pilote sur 9 communes, 55 communes utilisent déjà l'outil savee. Un marché de plus pour le BTP : le décret tertiaire impose des économies mesurées d'ici 2030.
Le chiffre à retenir : 20 minutes. C'est le temps désormais nécessaire chez Eiffage pour un dossier de consultation qui mobilisait 2 jours. Aucun des 12 acteurs n'a commencé par un « plan IA » : tous ont attaqué un irritant mesurable avec des données déjà produites.
Ce que ces exemples disent aux PME et ETI du BTP
Quatre enseignements se transposent directement à une PME ou ETI du bâtiment et des travaux publics.
- Partir d'un irritant chiffrable (heures d'étude par appel d'offres, ralenti des engins, non-conformités, presque-accidents), jamais d'une technologie.
- Vos données existent déjà : DCE archivés, photos de chantier, télématique, rapports QHSE. Demathieu Bard a bâti sa prévention sur ses données terrain, NGE sur une télématique déjà payée.
- Un pilote court, puis la généralisation : Spie Batignolles a testé trois ans sur une quarantaine de grues avant d'étendre ; Eiffage s'est limité à 15 cas d'usage la première année.
- Acheter l'outil du marché avant de développer : Buildots, CAD.42, Hiboo, Kraaft ou Novade sont éprouvés ; VINCI n'a internalisé Select que pour garder ses données d'offres confidentielles.
L'écart d'adoption est une fenêtre plus qu'un retard. Selon le baromètre France Num 2025 de la Direction générale des Entreprises, 15 % des entreprises du BTP utilisent l'IA, contre 25,6 % tous secteurs : le premier entrant outillé prend une avance visible sur les délais de réponse et la sinistralité. Le gisement le plus accessible ne demande ni capteur ni caméra : c'est la réponse aux appels d'offres, le poste attaqué en premier par VINCI et Eiffage. Notre guide 2026 de la réponse aux appels d'offres publics avec l'IA la transpose à l'échelle d'une PME, du DCE au mémoire technique.
Par où commencer, avec quel budget ?
Selon les baromètres de La Fabrique du Net, Stema et Fenxi : cadrage 3 000 à 12 000 euros, budget médian de projet 8 000 à 15 000 euros, agent RAG sur mesure 10 000 à 50 000 euros plus 1 000 à 3 000 euros de run mensuel, intégration no-code simple dès 500 euros environ. D'après la grille Koïno 2026, le coût réel de première année vaut environ 1,5 fois le devis de développement. Notre guide des tarifs réels d'un projet IA et notre grille de prix d'un agent IA par cas d'usage détaillent ces fourchettes poste par poste.
Cas d'usage IA du BTP : données requises, budget d'entrée et exemple documenté
| Cas d'usage | Données requises | Budget d'entrée indicatif 2026 | Premier jalon mesurable | Exemple documenté |
|---|---|---|---|---|
| Analyse d'appels d'offres et de DCE | DCE, CCTP et mémoires archivés | Cadrage 3 000 à 12 000 € (baromètres cités) | Temps d'analyse mesuré sur 10 dossiers | VINCI Construction (Select), Eiffage |
| Revue de contrats | Contrats types, clauses à risque | Sur étude, selon le volume contractuel | Risques détectés vs relecture manuelle | Equans (LegalAize) |
| Suivi photo et comptes rendus | Photos terrain horodatées, rapports journaliers | Abonnement SaaS, sur étude | Un chantier pilote documenté sans ressaisie | Kraaft, Bouygues Bâtiment Industrie (Buildots) |
| Sécurité prédictive | Historique QHSE, observations terrain | Sur étude, selon l'historique disponible | Alertes validées sur un chantier pilote | Demathieu Bard, Spie Batignolles |
| Données d'engins et maintenance | Télématique constructeurs, GMAO, carburant | Sur étude, selon la taille du parc | Taux de ralenti mesuré sur 3 mois | NGE (Hiboo) |
| Contrôle qualité par photo | Photos d'interventions normées, référentiel de conformité | Sur étude, modèles de vision existants | Taux de défauts détectés vs contrôle manuel | Bouygues Telecom, Sogetrel (Deepomatic) |
| Patrimoine, inspection et énergie | Rapports d'inspection, données GTB, consommations | Sur étude, financements publics possibles | Un référentiel d'ouvrages fiabilisé | Colas, Socotec, Métropole du Grand Paris |
| Automatisation devis-factures (ERP) | ERP ou logiciel de gestion, gabarits de devis | Intégration no-code dès 500 € environ (baromètres cités) | Un flux devis-facture automatisé | Transposable à toute PME |
Notre panorama des 12 exemples réels d'IA dans l'industrie française suit la même méthode sourcée. Pour parler le langage de vos prestataires (RAG, vision, agent), notre glossaire IA en 50 termes définit chaque notion en deux phrases. Pour cadrer avant d'outiller, notre comparatif des agences et cabinets de diagnostic IA pour PME passe en revue les offres, financements inclus.
La prochaine vague : l'IA générative descend sur le terrain
Les cas les plus mûrs reposent sur la vision par ordinateur et le machine learning. La vague suivante est générative : Eiffage industrialise ses prompts métiers (Workflow Builder), VINCI Construction applique les grands modèles de langage aux offres, Kraaft prépare la classification automatique des données de chantier. Les documents riches en texte (mémoire technique, compte rendu, DOE) seront les premiers servis.
Le point Koïno. Ces 12 cas partagent un schéma : personne n'a commencé par « faire de l'IA », tous par un irritant chiffré et des données déjà produites (DCE, photos, télématique, QHSE). C'est la logique de la méthode Sx4 de Koïno : de l'audit aux agents en production en 4 semaines, périmètre resserré, critère de succès écrit d'avance. Parce que 70 % des projets IA n'atteignent jamais la production, nous préférons un assistant d'appels d'offres qui tourne sur vos 50 derniers DCE à un plan qui reste en slides. Pour les données sensibles (prix, mémoires, contrats), nous privilégions un hébergement européen.
Deux points d'entrée pour agir : notre offre IA détaille notre façon de cadrer, chiffrer et mettre en production ; échangez 30 minutes avec un expert Koïno pour identifier le cas le plus rentable de votre activité, des études au chantier.
Questions complémentaires
Par où commencer un projet d'IA sur un chantier ?
Commencez par un irritant chiffrable : heures d'étude par appel d'offres, ralenti des engins, non-conformités. Vérifiez que les données existent (DCE archivés, photos, télématique, rapports QHSE), puis lancez un pilote court avec un critère de succès écrit, comme les 40 grues testées par Spie Batignolles. C'est la logique de la méthode Sx4 de Koïno : de l'audit aux agents en production en 4 semaines.
À propos de l'auteur
Maxence Morin est co-fondateur (Tech & Ops) de Koïno, cabinet français d'IA et de data. Il accompagne les entreprises du BTP dans le passage du cas d'usage à la production : cadrage d'un irritant chiffré, connexion des données existantes (DCE, photos, ERP, télématique), puis mise en service d'agents IA mesurés sur résultats. Retrouvez-le sur LinkedIn.
Table des matières
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FAQ - Questions fréquentes
Découvrez ici les réponses aux questions les plus courantes pour mieux comprendre notre expertise et notre accompagnement personnalisé chez Koïno AI.
Quelles entreprises du BTP utilisent déjà l'IA en France ?
Parmi les cas publics et sourcés : VINCI Construction, Eiffage, Bouygues Bâtiment Industrie, Equans, Demathieu Bard, Spie Batignolles, NGE, Colas et Socotec, plus la Métropole du Grand Paris côté maîtrise d'ouvrage. Des startups françaises (Kraaft, Hiboo, CAD.42, Advizeo, Deepomatic) outillent ces déploiements, de l'analyse d'appels d'offres à la sécurité prédictive et au pilotage énergétique des bâtiments.
Quels sont les cas d'usage de l'IA les plus répandus dans le BTP ?
Quatre familles dominent : études et appels d'offres (analyse de DCE, revue de contrats), suivi et sécurité de chantier (vision, prévention prédictive), engins et réseaux (télématique, contrôle photo) et exploitation des ouvrages (routes, ponts, pilotage énergétique). Les agents documentaires génératifs forment la vague suivante.
Quels résultats chiffrés l'IA a-t-elle produits dans le BTP français ?
Chiffres publiés par les entreprises ou la presse : pré-analyse d'un appel d'offres ramenée de plusieurs heures à 30 secondes environ chez VINCI Construction, dossier de consultation analysé en 20 minutes contre 2 jours chez Eiffage, ralenti des engins de 34 % à 27 % chez NGE (2 049 tonnes de CO2e évitées en deux ans), 98 % des défauts détectés sur 250 000 interventions fibre mensuelles chez Bouygues Telecom.
Une PME du BTP peut-elle adopter l'IA sans équipe data ?
Oui : les outils cités s'achètent en abonnement, sans data scientist ; Kraaft équipe des PME du bâtiment dès cinq salariés. Seules 15 % des entreprises du BTP utilisent l'IA selon le baromètre France Num 2025 : l'avance se prend sur des cas simples (appels d'offres, comptes rendus, suivi des engins). Un accompagnement externe suffit pour cadrer et mettre en production.
Combien coûte un premier projet d'IA dans le BTP en 2026 ?
Selon les baromètres de La Fabrique du Net, Stema et Fenxi, un cadrage coûte 3 000 à 12 000 euros, un budget médian de projet 8 000 à 15 000 euros, et un agent RAG sur mesure 10 000 à 50 000 euros plus 1 000 à 3 000 euros de run mensuel. D'après la grille Koïno 2026, prévoyez un coût réel de première année d'environ 1,5 fois le devis de développement.




